Mbour est le deuxième port de pêche du pays. Principal pôle économique de la Petite Côte au temps de la colonie, la ville conserve le charme désuet de ses vieilles maisons de commerce, son église, ses entrepôts d’arachide et les vestiges de son wharf. Il y règne une certaine pagaille avec ses nuées d’enquiquineurs professionnels qui ne vous lâchent pas d’une semelle d’où la nécessité d’un guide.
Le marché de Mbour, près du port, est très vivant. On y trouve fruits, légumes, poissons, viandes, tissus, épices et diverses pacotilles. Arrêtons nous sur les pêcheurs !
Le poisson au Sénégal
La rencontre des courants froids et chauds de l’Atlantique au large des cotes sénégalaises expliquent que ces eaux soient parmi les plus poissonneuses du continent africain et permettent des pêches miraculeuses, artisanales comme industrielles. Enfin pour l’instant, vu que les ressources sont en voie de diminution, mais jusqu’à présent c’est foison de carpes rouges, capitaines, requins, daurades, barracudas, espadons et autres.
Il faut dire qu’avec les Japonais, les Sénégalais sont parmi les plus gros consommateur de poisson au monde et celui-ci fait partie intégrante de la cuisine Sénégalaise, une des plus savoureuses d’Afrique : riz au poisson (thieboudienne), poisson Yassa, poisson au citron, poisson farci (dem), poisson en beignet, mais aussi crevettes au riz et tomate (thiou), etc. …
Le retour de la pêche, un spectacle saisissant
A M’bour, second port du Sénégal après Dakar (distant de 80 km), chaque jour une multitude de pirogues colorées franchissent la barre, matin et soir, et semblent bien fragiles pour affronter les vagues de la barre d’eau hostile et déchaînée de l’Atlantique.
Le soir, vers 17 heures, les pêcheurs rejoignent le rivage en franchissant de nouveau la barre. Des dizaines et des dizaines de pirogues, chargées du poisson péché dans la journée, se heurtent par endroits à un mur d’eau qui malmène les barques et à la moindre fausse manœuvre des marins c’est le naufrage, mais c’est sans compter sur leur dextérité qui leur permet toujours de prendre la vague.
Le spectacle est superbe et attire de nombreux touristes, tout comme le déchargement des poissons de toutes tailles qui frétillent encore et dont certains tombent au sol pour la grande joie des gamins glaneurs qui s’empressent de les escamoter.
A l’arrivée des pirogues de pêche, les femmes écaillent et vident les poissons, puis remplissent paniers et bassines en plastique coloré. Chaque catégorie de poisson est triée, les ailerons de requin partiront vers l’Asie, les dorades, les raies, les bars et les soles se retrouveront le lendemain sur les étals des poissonniers européens, tandis que le petit poisson ordinaire reste sur place et sera grillé ou fumé pour la consommation locale et pour celle des pays voisins, d’ailleurs dans toute la ville flotte une odeur de poisson séché et fumé.