La Normandie s’éveille au tourisme balnéaire dans la seconde moitié du XIXè siècle. Les classes aisées de la capitale peuvent dès 1863 rejoindre Trouville grâce au chemin de fer voulu et édifié selon la volonté du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III.
Dans le cadre d’une exploitation immobilière, les marais qui se situent à côté de la Touques servent de base de départ pour l’extension de Deauville. Ainsi le Second Empire transforme Trouville dans un mouvement d’urbanisation accéléré. En quelques années, le visage de la ville est transfiguré.
En recevant, l’aristocratie d’Empire en villégiature ainsi que la bourgeoisie ouverte aux dernières modes artistiques, la ville et plus généralement la Côte Fleurie va servir de terreau pour la construction de villas recevant pour la saison estivale leurs riches et mécènes propriétaires. Ainsi de par leur positionnement géographique et leur attachement au pouvoir en place, Trouville et Deauville forment le centre de la zone de développement de la Côte Fleurie car le mouvement urbanistique va également rayonner vers les autres cités environnantes comme Villers-sur-mer, Houlgate ou Cabourg.
La côte se transforme alors durant toute la deuxième moitié du XIXe siècle en un vaste chantier ou chaque famille qui compte dans la bonne société de l’Empire se doit de posséder une habitation. Dès lors, la Côte Fleurie devient un champ d’expérimentation pour tous les architectes en vue.
Source: patrimoine-normand.com/
Quand les plus belles villas de la Côte Fleurie deviennent une référence architecturale nationale.
«Ces maisons ont l’air d’avoir pris racine au moment où elles dansent le cancan…» C’est ainsi qu’Alexandre Dumas décrit les villas balnéaires de la côte normande. Un jugement sans appel.
Il faut découvrir la Côte Fleurie à travers les magnifiques villas de la Belle époque. Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, ces stations balnéaires normandes sont devenues le terrain de jeu des classes aisées et de l’aristocratie de l’Empire. Les marais environnants ont été exploités pour étendre la ville de Deauville, transformant ainsi son paysage en un chantier d’urbanisation accéléré. C’est sur la Côte Fleurie que ces riches propriétaires ont construit leurs villas estivales, devenant ainsi des références architecturales nationales. Chaque style était représenté, que ce soit des maisons mauresques aux demeures coloniales en passant par des inspirations antiques ou indochinoises. Laissez-vous émerveiller par ces joyaux de l’architecture et découvrez l’histoire fascinante de cette époque prodigieuse.
La Villa Strassbürger
Elle a été bâtie entre 1907 et 1912 sur les plans de l’architecte caennais Georges Pichereau pour le compte d’Henri de Rothschild, à l’emplacement d’une ferme qu’il avait achetée en 1875 à Gustave Flaubert, la ferme du Coteau. Elle est l’archétype de la deuxième génération du style néo-normand.
Initialement baptisée « villa du Coteau », elle est ensuite appelée « villa Strassburger » car elle est devenue, après avoir été achetée en 1924 à Henri de Rothschild, la résidence deauvillaise du milliardaire américain Ralph Beaver Strassburger. Henri Rothschild s’en sépare car son épouse était déçue de ne pas pouvoir y voir la mer d’assez près.
La famille Strassburger se rend à Deauville un mois par an, en août, pour la saison hippique. Ils aménagent la villa dans un style somptueux en deux temps, une première fois dans les années 1920-1930 puis en 1948, dont le décor subsiste encore de nos jours. Durant l’Occupation, la maison est dévastée par les Allemands. Comptant une trentaine de domestiques (dont huit jardiniers et six cuisiniers), la villa doit être entretenue toute l’année, au cas où la famille viendrait à l’improviste, ce qui n’arriva pourtant jamais. Ils reçoivent de nombreuses personnalités, comme le compositeur Vincent Scotto, l’actrice et chanteuse Suzy Delair, l’industriel Marcel Boussac, le prince Ali Khan, l’homme d’affaires Pierre Wertheimer ou encore le comte de Niel1.
Ralph B. Strassburger meurt en 1959 et sa veuve, héritière de Singer, en 1975. Leur fils Peter fait don de la demeure avec son mobilier à la ville de Deauville en 1980.
La villa d’Eugène Boudin, le transcripteur de la lumière de Dauville
Né le 12 juillet 1824 à Honfleur, Eugène Boudin, précurseur de l’impressionnisme, passe sa jeunesse au Havre puis séjourne à partir de 1864, tous les étés à Trouville-sur-Mer et Deauville. Il transcrit les scènes de la vie balnéaire, des élégantes à l’effervescence des marchés, des paysages augerons aux ports. Peintre des ciels, il s’attache dans ses toiles, à transcrire la fugacité de la lumière, les ciels changeants, la matière des nuages et l’inconstance de la mer. A Deauville, Eugène Boudin est séduit par la vue que l’on a de la plage de Deauville, depuis la jetée. Il s’y installe régulièrement avec son chevalet et décline cette même vue de la plage, avec le même cadrage sous des lumières différentes.
En 1884, Eugène Boudin fait construire sa maison à Deauville, la Villa Les Ajoncs – une petite cage hollandaise – aujourd’hui rebaptisée La Breloque, au 8 de la rue Olliffe – où il passera les quatorze dernières années de sa vie, C’est dans cette maison qu’il meurt le 8 août 1898.
Eugène Boudin a réalisé plus d’une centaine de toiles et de gouaches à Deauville.
Depuis 1998, une plaque est apposée sur la façade de la maison où il vécut. En août 2010, une plaque a également été posée sur la digue de Port Deauville. Elle reproduit le tableau « La plage de Deauville » (1893), qui appartient au Musée des Beaux-Arts de Caen.
Les Roches noires
L’hôtel des Roches Noires est un ancien hôtel de luxe de style Second Empire de 1866, construit sur les plages de la Manche de la station balnéaire de Trouville-sur-Mer.
Surnommé à ses débuts « le roi de la côte normande », le bâtiment est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 11 août 2000, et le hall d’entrée est classé au titre des monuments historiques le 29 mai 2001.
Il est réputé pour avoir été lieu de villégiature de Marcel Proust et de Marguerite Duras.
Cet hôtel est le second grand hôtel de luxe édifié sur cette partie de la côte normande. Construit par l’architecte Alphonse-Nicolas Crépinet avec, à l’origine, 75 chambres, puis 300 chambres en 1913, et éclairées à l’électricité depuis 1904, il est inauguré le 15 juillet 1866.
Un peu décrépi, mais en complète rénovation à l’heure actuelle, il est loué aux touristes. Les volets sont clos mais laissent imaginer la vie en ces temps révolus.
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Le Trouville Palace
Rendez-vous estival de la haute société parisienne et cosmopolite, Trouville connaît, au début du 20e siècle, son âge d’or. Pour satisfaire l’exigeante clientèle en recherche de luxe, modernité et confort, un nouvel hôtel est mis en chantier en bordure des planches en 1900.
Son promoteur est l’architecte parisien Eugène Dutarque, établi dans sa villa « Le château des Roches » sur les hauteurs de la Corniche. Mais l’entreprise « Excelsior-Hôtel-Trouville » est malheureusement suspendue en fin d’année 1901. Elle ne reprendra qu’en 1909 sous le nom de « Trouville-Palace-Hôtel ». Inauguré en 1910, et après bien des vicissitudes, ce palace n’aura qu’une quarantaine d’années d’existence…
Encore une fois, les souvenirs de la « Belle Epoque » sont bien lointains.