Le schéma familial au Sénégal est comme suit : Le père —> les garçons —> la mère ou les mères —> les filles.
Les filles sont sous autorité parentale jusqu’au mariage. Une fois mariées elles sont sous l’autorité du mari et de la belle famille : « Djiguène daye mougne » : « Une bonne femme doit savoir supporter », « son paradis est dans les mains de son mari », « le devenir des enfants dépend de la capacité de la maman à supporter la souffrance »… Le plus dur de tout cela c’est que plus de la moitié des femmes y croit, même parmi celles qui vivent en Europe. J’ai arrêté de lire certains forums de femmes migrantes pour éviter l’infarctus.
J’adore ma culture sénégalaise : la solidarité, le partage, la famille comme pilier… mais je ne conçois pas la place que la femme y occupe. En même temps, je suis fière d’être une femme sénégalaise, du parcours que j’ai réussi a suivre. Je me suis battue dès mon adolescence, je me suis imposée, j’ai tenu tête à ce système créé de toutes pièces par les hommes. Et je sais qu’à cause de moi mes propres sœurs osent parfois, même s’il leur reste encore beaucoup à faire.
